Facebook - ou texte à ne pas partager sur les médias sociaux

 

J’fais pas partie de vos cliques de cliqueurs

De votre gang de Facebook lovers,

De votre culte de l’apparence sur ordinateur

Je fume pas l’opium de votre peuple d’adorateurs

 

J’aime la technologie,mais ce n’est pas un vice,

Juste un outil acéré pour aiguiser ma curiosité

Satisfaire ma boulimie de connaissance

Pour pallier à la maladie de l’ignorance.

 

 

Je préfère être la programmatrice

De mes plaisirs

Que de suivre en mouton

Les divertissements

De votre bande de gloutons.

Bouffant les images et les vidéos

Au lieu de poursuivre vos idéaux

 

Prédatrice

Pas suiveuse

J’presse pas sur un bouton

Pour dire qu’j’suis amoureuse

Ou montrer mon appréciation

Je souffre pas de déficit de l’attention

Je t’aime un jour, je t’aime toujours

Ou du moins j't’oublie pas 

Dès que j'fais un détour

Je préfère être actrice

 Debout sur une scène

Que spectatrice en fauteuil

De vos ébats obscènes

Fuck ton intérêt

En caractères gras

Mince!

Alors que dans la vraie vie

Tu ne m’regardes même pas


Ma photo retouchée

Est bien plus alléchante que de te faire toucher

Tu préfères une image altérée par logiciel

Que la logique implacable de l’apparence réelle

Clique  là, clique moi

Je passe de friandise à déguster lentement

À photo-marchandise

À consommer maintenant

Je meurs de faim

À ton buffet d’informations!

Je m’ennuie

Dans ton cercle intime 

De mille fréquentations

Juste bonnes à établir ta campagne de promotion

Aime – moi discrètement

Ou clame – le sur tous les toits

Violemment

Mais pas virtuellement

Seulement

Face à face

Pas derrière un écran

Face à face

Je veux te voir devant…

Moi

Un visage

Des yeux

Un regard qui en dit long

Une peau qu’on peut toucher

Pas de pixels s’il vous plaît

De la chair

De la matière à réflexion

Du vrai, du qui sent

Du bon, du méchant

Mais pas de détachement

De l’engagement

Du frontal

Du libidineux sans pornographie mentale

Cachez cette cyber  insecurité que je ne saurais voir.

Lâche ta souris!

Bouge de devant ton ordi

Le cul sur une chaise tu s’ras jamais un bandit

Homme, femme, enfant

Au lieu de te cacher derrière un livre de visages

Livre ton visage!

Maintenant

J’m’en fous de ton statut virtuel

De tes nouvelles qui se déclinent en pixels

De ton chat qui danse la tarentelle

De ton fils qui porte une attelle

De ton grand-père qu’on a mis sous tutelle

De tes nouvelles

Qui polluent mon fil d’actualité

Il s' passe rien aujourd’hui

J’vais rester alitée

Dégoutée à l’idée que je suis seule

Même connectée

Dans le linceul 

De la réalité

Tu veux me voir? 

Appelle

Tu veux me séduire?

Interpelle

Mais donne-moi cinq minutes pour que je me fasse belle

Que je colle à ma réputation

De fille qui bien numérisée 

Mérite de l’attention

Sors du rang des planqués derrière un écran

Fais-toi voir dans c’que tu as d’plus grand

D’plus beau et de plus attachant

Sois pas artificiel

Use de ta cervelle

Je veux

Du commerce amoureux de proximité

De l’amitié qui se donne, sans se faire arnaquer

Par les lois de la popularité

Les médias sociaux sont-ils soucieux des sévices qu’ils causent à leurs suiveurs solipsistes?

À méditer...

Les bébés des baby – boomers

Accros

Les ados sont solos 

Même en duo

Tombés dans le piège de l’accès en excès

Il faut pas perdre une miette de ce qui va s’passer

Un ami d’un ami va p't-être s’connecter

Que tu aies vu le vingtième siècle 

Dans ton rétroviseur

Ou que tu sois un kid du millénaire nouveau

T’es piégé dans cette came

Scotché

Ton téléphone est devenu 

Un paravent contre l’humanité

Tu partages tes données 

Sans jamais rien offrir

De vraiment chaleureux

Pas même un vrai sourire

J’vais hacker ton site

Pour pouvoir te situer

Savoir à quoi tu r'ssembles

Quand tu es destitué

Du droit de regard sur ce que tu peux partager

De toi

Yes!

Je vais savoir ce qui te fait vibrer

Étudier tous les liens sur lesquels 

Tu as hyper cliqué

Une femme informatiquement formée 

En vaut deux surinformées

Déception

Rencontre pas d’exception

En vrai t’es vraiment con

Consigné à ton rôle de médiocre piéton

Aïe!

Tu n’es plus le "silver- surfeur"du net

Juste un bellâtre malhonnête

J’utilise le masculin pour que le texte soit plus facile à appréhender

Mais dans le genre humain

On est tous, hommes, femmes

Ou de genre inventif

Cons – cernés.

Victimes de ces outils de connexion, soi-disant sociaux

Moi je me sens 

Con-sternée de ce manque de repères

De ce manque de discernement

À savoir

Qui opère?

Le bourreau ou l’amant

Dans son pays de pacotille

Une américaine en quête de  visibilité

Perd la vie 

Pour avoir voulu faire l’ unanimité

En se tirant, à pleine allure, l'égo-portrait

Dans un monde où règne l’uniformité

Sortir du lot c’est une gageure facile à imiter

Pauvre fille!

Y’a la WiFi au paradis?

Si c’est gratuit, merci

Pas besoin de s’abonner

Clic!

Vous êtes connectés au réseau de Dieu

Trois bulletins affichés

Sur sa page

Nouveau!

Jésus r'viendra pas

Bandes de caves!

Il envoie son avatar

Pour ce qui est de l’humanité

Trop tard

Un robot a plus d’âme

Qu’un homme limité 

Par une surenchère de possibilités

Il n’est plus 

Connecté au ciel

Ses yeux ne se lèvent pas pour saluer le soleil.

Alors l’éternel, vous pensez

Ça lui fait une belle chandelle!

Vous voyez

Non!

L’homme du 21ème, même au 36ème dessous

Lui c’qui l’intéresse

C’est de savoir qui a signé 

Dans son champ de vision virtuellement assigné

Dieu vous a fait une demande d’ami?

IGNORER

 

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